lundi 19 juillet 2010

Des Chrétiens et des Maures

Non, je ne parle pas du roman de Daniel Pennac… Je parle de la fête qui a duré tout le weekend à Oliva. Fiesta! Et dire que j’aurais manqué ça si mes plans initiaux pour Toledo avaient marché. Vive les plans B!!!

Oh que j’ai des trous dans mes connaissances historiques, les zâmis. Je pense que Rouge va devoir m’instruire un peu… Disons que je suis un peu plus histoire du XXe siècle que Moyen Âge.

Donc, en Espagne (en Andalousie surtout), on fête les Chrétiens et les Maures… qui se sont échangé l’Espagne à quelques reprises dans l’Histoire moyenâgeuse. En Andalousie, la présence maure (arabe) est beaucoup plus présente qu’ailleurs. Faut avoir vu l’Alhambra de Grenada ou la Mezquita de Cordoba pour le savoir…

Outre le fait que tout était fermé vendredi pour cause de jour férié, mais seulement à Oliva (oui, oui, ils ont des jours fériés juste pour une ville… mercredi passé, c’était à Dénia que tout était fermé…), il y a eu, vendredi soir, le défilé des Chrétiens. Deux heures bien tassées de gens costumés en Chrétiens. Remarquez que je sais pas trop à quoi ça ressemble un costume de chrétien… Rebelote samedi soir, mais pour les Maures cette fois-ci. Deux heures et demie de costumes absolument splendides. Là, le louque arabe était un peu plus évident. Dans chaque défilé, il y avait un groupe costumé, suivi d’une fanfare qui jouait de la musique appropriée. Alors, samedi soir, la musique était un peu plus arabisée, vous vous en doutez.

Les costumes étaient magnifiques, mais j’aurais pas voulu être en dessous (moi qui supporte pourtant bien le costume…), question de chaleur. Les gens s’éventaillaient à grands coups de poignet droit le long du trajet (sûrement plus qu’un bon long kilomètre), assis sur leur chaise… Une compagnie avait placé des chaises le long du parcours et les places sur la première ligne se vendaient 5 euros. Après, les autres chaises pouvaient être placées par des particuliers qui voulaient s’assurer d’une certaine place. Les autres ticlins, comme moi, on était debout derrière ce monde-là, pas mal moins organisé.

Si j’ai bien compris, les gens se ramassent en «groupes» et décident de former soit des Chrétiens, soit des Maures. D’une année à l’autre, c’est à peu près toujours les mêmes personnes qui participent aux défilés. Genre le Club Optimiste, le Cercle des Fermières, les Filles d’Isabelle, les scouts et autres clubs sportifs. Là, ils se font des costumes. Y’en avait des vraiment extraordinaires. C’est comme rien, y’ont dû gosser là-dessus toutes leurs veillées d’hiver… et ça doit leur couter une fortune. Toute la patente est commanditée, mais je ne sais pas jusqu’à quel point. Et toute la famille participe : peupa, meuman et les zenfants. Y’a un peupa qui a ouvert la marche de son groupe avec son fils de… je sais-tu, mettons 2 mois dans les bras. Comme s’il voulait lui faire vivre «son» premier défilé de Maures. Faut dire que j’étais jusse à côté de l’estrade d’honneur où y’avait le maire de la place. Après, y’a une madame qui est venue chercher l’enfant pour l’apporter à sa mère qui était dans le carrosse qui suivait. Parfois, les ouvreurs de groupe sont aussi à cheval. Et ils font des prouesses de cheval : galop sur plusieurs mètres ou petite danse de cheval. Et qui dit cheval dit aussi crotte de cheval. Ben voyons donc! Tout est pensé! Y’a un monsieur de la ville qui s’occupe d’un petit bout de rue et qui trimballe sa pelle et sa chaudière pour ramasser déjections animales pour éviter que les costumés se trainent la traine là-dedans ou que les trompettistes qui suivent glissent dessus…

Bref, magnifique. Et tout à fait étonnant.

Et comme il le fallait, un feu d'artifice, dimanche soir... à 0h30. Alors que tout le monde est couché!!!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire