Non, je ne parle pas du roman de Daniel Pennac… Je parle de la fête qui a duré tout le weekend à Oliva. Fiesta! Et dire que j’aurais manqué ça si mes plans initiaux pour Toledo avaient marché. Vive les plans B!!!
Oh
que j’ai des trous dans mes connaissances historiques, les zâmis. Je
pense que Rouge va devoir m’instruire un peu… Disons que je suis un peu
plus histoire du XXe siècle que Moyen Âge.
Donc, en Espagne (en
Andalousie surtout), on fête les Chrétiens et les Maures… qui se sont
échangé l’Espagne à quelques reprises dans l’Histoire moyenâgeuse. En
Andalousie, la présence maure (arabe) est beaucoup plus présente
qu’ailleurs. Faut avoir vu l’Alhambra de Grenada ou la Mezquita de Cordoba pour le savoir…
Outre
le fait que tout était fermé vendredi pour cause de jour férié, mais
seulement à Oliva (oui, oui, ils ont des jours fériés juste pour une
ville… mercredi passé, c’était à Dénia que tout était fermé…), il y a
eu, vendredi soir, le défilé des Chrétiens. Deux heures bien tassées de
gens costumés en Chrétiens. Remarquez que je sais pas trop à quoi ça
ressemble un costume de chrétien… Rebelote samedi soir, mais pour les
Maures cette fois-ci. Deux heures et demie de costumes absolument
splendides. Là, le louque arabe était un peu plus évident. Dans chaque
défilé, il y avait un groupe costumé, suivi d’une fanfare qui jouait de
la musique appropriée. Alors, samedi soir, la musique était un peu
plus arabisée, vous vous en doutez.
Les costumes étaient
magnifiques, mais j’aurais pas voulu être en dessous (moi qui supporte
pourtant bien le costume…), question de chaleur. Les gens
s’éventaillaient à grands coups de poignet droit le long du trajet
(sûrement plus qu’un bon long kilomètre), assis sur leur chaise… Une
compagnie avait placé des chaises le long du parcours et les places sur
la première ligne se vendaient 5 euros. Après, les autres chaises
pouvaient être placées par des particuliers qui voulaient s’assurer
d’une certaine place. Les autres ticlins, comme moi, on était debout
derrière ce monde-là, pas mal moins organisé.
Si j’ai bien
compris, les gens se ramassent en «groupes» et décident de former soit
des Chrétiens, soit des Maures. D’une année à l’autre, c’est à peu près
toujours les mêmes personnes qui participent aux défilés. Genre le
Club Optimiste, le Cercle des Fermières, les Filles d’Isabelle, les
scouts et autres clubs sportifs. Là, ils se font des costumes. Y’en
avait des vraiment extraordinaires. C’est comme rien, y’ont dû gosser
là-dessus toutes leurs veillées d’hiver… et ça doit leur couter une
fortune. Toute la patente est commanditée, mais je ne sais pas jusqu’à
quel point. Et toute la famille participe : peupa, meuman et les
zenfants. Y’a un peupa qui a ouvert la marche de son groupe avec son
fils de… je sais-tu, mettons 2 mois dans les bras. Comme s’il voulait
lui faire vivre «son» premier défilé de Maures. Faut dire que j’étais
jusse à côté de l’estrade d’honneur où y’avait le maire de la place.
Après, y’a une madame qui est venue chercher l’enfant pour l’apporter à
sa mère qui était dans le carrosse qui suivait. Parfois, les ouvreurs de
groupe sont aussi à cheval. Et ils font des prouesses de cheval :
galop sur plusieurs mètres ou petite danse de cheval. Et qui dit cheval
dit aussi crotte de cheval. Ben voyons donc! Tout est pensé! Y’a un
monsieur de la ville qui s’occupe d’un petit bout de rue et qui
trimballe sa pelle et sa chaudière pour ramasser déjections animales
pour éviter que les costumés se trainent la traine là-dedans ou que les
trompettistes qui suivent glissent dessus…
Bref, magnifique. Et tout à fait étonnant.
Et comme il le fallait, un feu d'artifice, dimanche soir... à 0h30. Alors que tout le monde est couché!!!
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