vendredi 16 juillet 2010

Pour l'amour de Yolanda

Lundi matin, comme prévu, j’ai passé un test de nivel à l’école d’espagnol. Bon, il est vrai que je n’avais pas vraiment étudié dimanche soir, pour cause de rentrage tard de Madrid et de match de foute. Sur 10 numéros du test, les 7 ou 8 premiers se sont bien passés. Ça s’est corsé dans le subjonctif et l’impératif… les derniers temps de verbes appris. C’est sûr que si j’avais étudié, j’aurais répondu à un peu plus de questions, mais c’était correct que je réponde pas trop… Un peu de révision ferait pas de tort! Conclusion : niveau 6 (sur 12), B-1 intermédiaire. Là où je voulais me trouver et là où je pense que je suis. Les deux derniers niveles sont pour les vrais hispano hablándoos. Faque 6 sur 10, c’est correct comme nivel.

Voici mes amis de cette première semaine :
  • Lydia, d’Angleterre. 25 ans.
  • Janine, d’Autriche. 20 ans.
  • Agnes, de Hongrie. 20 ans.
  • Maria, de Suisse (mais d’origine allemande). 35 ans.
  • Natasha, de Russie. 35 ans (me semble qu’à s’appeler Natasha, elle ne pouvait venir que de Russie, non ?)
  • Alexandre, des États-Unis. 23 ans.
  • Sabine, d’Allemagne. 40 ans.
  • Lilitt, d’Allemagne. 18 ans. (la fille de Sabine).

J’ai deux profs d’espagnol: Beatriz et Irene. Tous les cours se passent de la même façon: théorie et exercices (donc, un peu plus de grammaire) avec Beatriz, pendant la première 1h30. Au programme: el subjuntivo, el imperativo positivo y negativo, les temps du passé (pretérito indefinido, pretérito perfecto, pretérito imperfecto, pluscuamperfecto), un peu de futuro, encore (ben oui!) de la salade de por et para, des pronombres personales complemento directo y complemento indirecto et, évidemment, de ser et de estar. Parce que ser verde, c’est pas la même chose que estar verde. Ser atento et estar atento non plus. C’est pas parti pour se faciliter…
15 minutes de pause.
Discussions sur toutes sortes de sujets pendant l’heure et demie suivante avec Irene. Pour toutes sortes de raisons, on aime plus cette partie… même si c’est nécessaire de faire de la grammaire et que c’est bazwellement utile. On a jasé de la température dans nos pays respectifs (Natasha et moi, on s’est fait un malin plaisir à faire frémir les gens en parlant de nos -30 d’hiver… hi! hi!), de la langue qui évolue (ou non) en se collant à d’autres langues des immigrants, par exemple. C’est-tu comme si j’avais quelque chose à dire là-dessus, vous pensez? Ben quin. De l’influence de l’anglais sur toutes les langues comme de l’influence de l’espagnol sur l’anglais, le spanglish, qu’ils appellent ça. On a aussi parlé de voyages et de traditions de pays… On a appris qu’en Andalousie, la fleur officielle de tous les costumes de flamenco, c’était l’œillet, el clavel. C’est ça que les médamespagnoles se mettent dans les cheveux pour danser. Vous auriez dû voir la face de Irene quand Maria et moi, on a dit que l’œillet servait aux couronnes mortuaires… Pas trop rapport, mettons.
15 minutes de pause.
Tout le monde s’en va, ou presque. Restent Alex et moi (de notre cours) et deux petits Algériens, Yacine et son frère Marouane, qui m’ont pris en adoration parce que je parle espagnol, anglais et français… Parce qu’eux baragouinent l’anglais et sont dans le premier nivel d’espagnol. Alors, quand Tade (le «secrétaire» qui gère les inscriptions à l’école) veut leur parler en anglais, les Petits ne comprennent pas toujours. Alors, ils me regardent avec un air de noyé pour que je les aide. Ce que je fais avec plaisir, vous me connaissez. (Tenez, je vous en conte une pas pire: Tade est allé chercher les Petits à l’aéroport dimanche passé. Comme il ne les connaît pas, il a une affiche sur laquelle il a écrit les deux noms, mais en faisant une erreur dans un des noms : il a écrit «Marouana» au lieu de Marouane. C’est juste que, quand on prononce, Tade avait presque l’air de chercher quelque chose d’autre…)
Pendant la dernière heure et demie, donc, des exercices, des exercices et des exercices. Comme on est 4 (de deux niveles diferentes), Irene s’occupe de nous individuellement. Parce que c’est à ça que sert la dernière période : faire des exercices sur des affaires sur lesquelles on accroche. Pis c’est pas toujours les mêmes affaires.

Faque là, après une semaine, je dirais que je suis plus fluente en nespagnol, que j’hésite moins à accorder mes verbes, mais que ça me prendrait encore huicent semaines de cours… Il en reste une. J’en suis même à penser à me trouver une école despagnol, quelque part au Nouveau-Mexique ou en Arizona, l’année prochaine. Y doivent ben avoir ça, une école despagnol intensif pour une semaine, les Zamaricains?


Un mot sur le pot des 25 cennes de Francisco…

Je peux juste dire aux Yolandas que le pot à Francisco, ben, il serait plein pas à peu près pour cause de mauvaise prononciation!!!
Sabine, la maman allemande, a un accent é-pou-van-ta-ble. Tellement que je comprends à peu près rien quand elle parle, que ce soit en nespagnol ou en nanglais, remarquez. Au lieu de dire «persona» en roulant le R et en disant un S, essayez de vous prendre un accent allemand et dites plutôt pêêzona. Ça, c’est persona. Ça ferait une couple de vintcincennes dans le pot, ça. D’ailleurs, hier soir, lors d’une sortie de groupe, je lui ai dit (bon, faut dire qu’il y avait de la musique forte autour...) «Don’t speak to me in german…» alors qu’elle me parlait en nanglais. Oups.
Alex a un accent américain dans son nespagnol. Pas ben ben capable de dire ses R, le Petit.
Maria, la Suisse d’adoption, mâche tellement ses mots qu’on ne comprend rien quand elle parle…
Natasha a un super bel accent russe… mais en nespagnol, ça rend pas la chose facile. D’autant plus que son tiroir de langue seconde est aussi mêlé que le mien et elle met des mots anglais n’importe où quand elle parle espagnol. C’est assez tordant…
Heureusement qu’il y a moi, qui a été fouettée par Francisco…

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