vendredi 23 juillet 2010

Y'en n'aura pas de facile

Hommage à Piton Ruel.

Deuxième semaine de cours despagnol. Oulala, les zâââmis. Y’a des fois, comme ça, que je me demande ce qui m’a pris de vouloir apprendre lespagnol. C’était pas assez, de juste savoir demander ¿una cervesa por favor? Misère.

Mes amis de la deuxième semaine :
Sont restés :
  • Natasha, la Russe, 36 ans.
  • Alexandre, l’Américain, 23 ans.
  • Agnes, la Hongarienne, 20 ans.
  • Lydia, l’Anglaise, 25 ans.

Sont arrivés :
  • André, de Suisse-Allemand. 45 ans.
  • Sybelle, de Suisse-Allemande. 45 ans. Sa femme. Ou quelque chose s’y apparentant.
  • Boris, d’Allemagne. 35 ans.
  • Lieven, de Belgique-Flamand, 65 ans.

André, Sybelle et Lieven sont des anciens de l’école. Sont déjà venus l’année passée. Lieven, je comprends e-rien quand il parle. Mettons qu’il a huissent pétates chaudes dans la bouche. Ou qu’y’a oublié de mettre son dentier (chus pas allée voir…) Mettons aussi que André et Sybelle sont une coche au-dessus des autres. Ou bedon qu’ils ont fait tout le livre d’exercice avant d’arriver. Parce qu’ils ont l’air à pas avoir besoin de réfléchir pour faire les exercices. T’sais, un exercice qu’y’a une ligne au milieu de la phrase pour mettre le verbe au bon temps, mettons, pis que faut avoir lu le reste de la phrase pour pouvoir décider quel temps on va utiliser? Ben, zont pas besoin de lire le reste de la phrase pour décider, euzautres. C’est pour ça que je les suspecte de tricherie… Faut aussi dire qu’on est le niveau le plus élevé de l’école cette semaine. P’t’ête ben qu’y’avait pas assez d’élèves pour les mettre dans un cours tu-seuls.

Deuxième semaine, donc. Au menu, toutes sortes d’expressions idiomatiques (j’ai toujours trouvé ça tellement laid ce mot-là, non?). Toutes sortes de règles, de mini-règles, de nuances, de peccadilles-qu’il-faut-savoir qui régissent l’utilisation du subjonctif, de l’indicatif, de l’infinitif, de l’impératif… Toutes sortes de marqueurs de temps et d’organisation du discours qui demandent l’un ou l’autre de ces temps-là… (mais pas n’importe lesquels, vous vous en doutez bien!) Un paquet de pronoms sujets et compléments d’objet direct et indirect à placer dans le bon ordre. D’autant plus fascinant que la plupart des pronoms sujets disparaissent… Vous avez bien lu : les pronoms sujets ne se disent pas ou ne s’écrivent pas. C’est juste en lisant ou en écoutant ou en parlant ou en écrivant la terminaison du verbe qu’on sait (ou on est supposé savoir...) 1-c’est quel temps; 2-c’est quelle personne. Ben je peux-tu vous dire que y’a ben des fois où j’en ai aucune simonaque d’idée? Parce qu’y’a des verbes qui se terminent de la même façon…
Un exemple: pensar. Verbe penser. Pensamos. C’est penser, au présent, à la première personne du pluriel. Mais c’est aussi penser, au pretérito indefinido (l’équivalent du passé simple), à la première personne du pluriel itou. On fait comment pour savoir on est à quel temps, vous pensez? El contexto! Ben des fois, el contexto, c’est pas toujours clair.
Un autre exemple : hablar. Verbe parler. Hablo. C’est parler, au présent, à la première personne du singulier. Mais il y a aussi habló. Remarquez l’accent aigu sur le O. C’est parler, au pretérito indefinido (toujours le passé simple), à la troisième personne du singulier. Et nous, comme pauvres apprenants, on est sensé entendre la différence entre hablo et habló. Ben je peux-tu vous dire qu’on l’entend pas, n’en déplaise à Francisco et autres Oscar de ce monde? Même affaire avec hable et hablé (1re personne du subjonctif présent dans le 1er cas et 3e personne du pretérito indefinido dans le 2e). Et là, je vous fais grâce des tous les verbes irréguliers… Mes pauvres petits Algériens, qui sont encore là en cette deuxième semaine, ont commencé à les apprendre, mais au présent seulement. Marouane a compris en ce jeudi midi pourquoi je disais que les verbes irréguliers, c’était pas tellement facile… Et encore, il ne parle qu’au présent, lui! Ah que c’était le bon temps quand je ne parlais qu’au présent!!! Et vendredi, pour bien finir la semaine… le subjonctif imparfait!!! De même, avec des feuilles d’exercices où j’ai juste à conjuguer ça correctement, ça va. Y’a une ligne, y’a un verbe, j’ai pas besoin de comprendre la phrase pis mon verbe est relativement bien accordé ou bien conjugué. Mais quand faut comprendre la phrase pis choisir le bon temps de verbe… que de soupirs j’ai poussés. Parce que tout est tellement mêlé dans ma tête, ça se peut quasiment pas.

J’écoute un peu la télé: ça doit sûrement m’aider. Je pense que je comprends mieux aujourd’hui qu’il y a trois semaines… Quoi que le tour de France, ça demeure une ride de bécique, qu’elle soit en français ou en nespagnol… Mais mercredi, j’étais au bord du désespoir. Je pensais bien que c’en était fini pour moi, l’apprentissage de lespagnol, que j’étais rendue au bout de ce que je pouvais apprendre… J’avais pas grand-chose de bon dans les exercices qu’on faisait alors qu’André et Sybelle répondaient toujours sans lire la fin des exercices et avec les bonnes réponses, en plusse! (remarquez que s’ils avaient répondu sans lire le reste, mais avec des mauvaises réponses, j'aurais été super contente… mais c’était pas le cas!) Des fois, je me dis que les cours intensifs, ça a du bon : ça permet d’être dans le bain. Mais des fois, je pense que, rendu où j’en suis, ça donne pas le temps d’assimiler, de digérer, de prendre un peu de recul nécessaire à l’apprentissage (c’est mes cours de mon bac en enseignement sur les théories de l’apprentissage qui me font dire ça!). Pis on dirait que plus j’en rajoute, moins je me rappelle des affaires de base. Genre que j’ai oublié, cette semaine, la conjugaison du verbe decir (dire) au présent. Bon, okay, c’est un simmonac d’irrégulier à à peu près tous les temps, mais quand même… ça fait longtemps que je sais ça, le verbe décir au présent, fusse-t-il irrégulier.

Mes cours sont finis. J’ai salué tout le monde là-bas. J'ai les adresses courriels de Natasha et de Lydia, si jamais il me prenait l'envie d'aller faire un tour à Moscou ou à Londres. Londres, c'est sûrement plus dans ma palette pour l'instant que Moscou... J'ai pas vraiment participé aux activités proposées par l’école, sauf la soirée flamenco jeudi passé. Mais c’était correct. Après mes 6 heures de cours, j’en avais juste plein mon casque. Pis autant c’est le fonne de suivre des cours en vacances (ça donne une autre couleur à un séjour), autant, là, je suis comme tannée. Parce que c’est très demandant…

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