Hommage à Piton Ruel.
Deuxième semaine de cours despagnol.
Oulala, les zâââmis. Y’a des fois, comme ça, que je me demande ce qui
m’a pris de vouloir apprendre lespagnol. C’était pas assez, de juste
savoir demander
¿una cervesa por favor? Misère.
Mes amis de la deuxième semaine :
Sont restés :
- Natasha, la Russe, 36 ans.
- Alexandre, l’Américain, 23 ans.
- Agnes, la Hongarienne, 20 ans.
- Lydia, l’Anglaise, 25 ans.
Sont arrivés :
- André, de Suisse-Allemand. 45 ans.
- Sybelle, de Suisse-Allemande. 45 ans. Sa femme. Ou quelque chose s’y apparentant.
- Boris, d’Allemagne. 35 ans.
- Lieven, de Belgique-Flamand, 65 ans.
André,
Sybelle et Lieven sont des anciens de l’école. Sont déjà venus l’année
passée. Lieven, je comprends e-rien quand il parle. Mettons qu’il a
huissent pétates chaudes dans la bouche. Ou qu’y’a oublié de mettre son
dentier (chus pas allée voir…) Mettons aussi que André et Sybelle sont
une coche au-dessus des autres. Ou bedon qu’ils ont fait tout le livre
d’exercice avant d’arriver. Parce qu’ils ont l’air à pas avoir besoin
de réfléchir pour faire les exercices. T’sais, un exercice qu’y’a une
ligne au milieu de la phrase pour mettre le verbe au bon temps, mettons,
pis que faut avoir lu le reste de la phrase pour pouvoir décider quel
temps on va utiliser? Ben, zont pas besoin de lire le reste de la
phrase pour décider, euzautres. C’est pour ça que je les suspecte de
tricherie… Faut aussi dire qu’on est le niveau le plus élevé de
l’école cette semaine. P’t’ête ben qu’y’avait pas assez d’élèves pour
les mettre dans un cours tu-seuls.
Deuxième semaine, donc. Au
menu, toutes sortes d’expressions idiomatiques (j’ai toujours trouvé ça
tellement laid ce mot-là, non?). Toutes sortes de règles, de
mini-règles, de nuances, de peccadilles-qu’il-faut-savoir qui régissent
l’utilisation du subjonctif, de l’indicatif, de l’infinitif, de
l’impératif… Toutes sortes de marqueurs de temps et d’organisation du
discours qui demandent l’un ou l’autre de ces temps-là… (mais pas
n’importe lesquels, vous vous en doutez bien!) Un paquet de pronoms
sujets et compléments d’objet direct et indirect à placer dans le bon
ordre. D’autant plus fascinant que la plupart des pronoms sujets
disparaissent… Vous avez bien lu : les pronoms sujets ne se disent pas
ou ne s’écrivent pas. C’est juste en lisant ou en écoutant ou en
parlant ou en écrivant la terminaison du verbe qu’on sait (ou on est
supposé savoir...) 1-c’est quel temps; 2-c’est quelle personne. Ben je
peux-tu vous dire que y’a ben des fois où j’en ai aucune simonaque
d’idée? Parce qu’y’a des verbes qui se terminent de la même façon…
Un exemple:
pensar. Verbe penser.
Pensamos. C’est penser, au présent, à la première personne du pluriel. Mais c’est aussi penser, au
pretérito indefinido
(l’équivalent du passé simple), à la première personne du pluriel itou.
On fait comment pour savoir on est à quel temps, vous pensez?
El contexto! Ben des fois,
el contexto, c’est pas toujours clair.
Un autre exemple :
hablar. Verbe parler.
Hablo. C’est parler, au présent, à la première personne du singulier. Mais il y a aussi
habló. Remarquez l’accent aigu sur le O. C’est parler, au
pretérito indefinido
(toujours le passé simple), à la troisième personne du singulier. Et
nous, comme pauvres apprenants, on est sensé entendre la différence
entre
hablo et
habló. Ben je peux-tu vous dire qu’on l’entend pas, n’en déplaise à Francisco et autres Oscar de ce monde? Même affaire avec
hable et
hablé (1re personne du subjonctif présent dans le 1er cas et 3e personne du
pretérito indefinido
dans le 2e). Et là, je vous fais grâce des tous les verbes
irréguliers… Mes pauvres petits Algériens, qui sont encore là en cette
deuxième semaine, ont commencé à les apprendre, mais au présent
seulement. Marouane a compris en ce jeudi midi pourquoi je disais que
les verbes irréguliers, c’était pas tellement facile… Et encore, il ne
parle qu’au présent, lui! Ah que c’était le bon temps quand je ne
parlais qu’au présent!!! Et vendredi, pour bien finir la semaine… le
subjonctif imparfait!!! De même, avec des feuilles d’exercices où j’ai
juste à conjuguer ça correctement, ça va. Y’a une ligne, y’a un verbe,
j’ai pas besoin de comprendre la phrase pis mon verbe est relativement
bien accordé ou bien conjugué. Mais quand faut comprendre la phrase pis
choisir le bon temps de verbe… que de soupirs j’ai poussés. Parce que
tout est tellement mêlé dans ma tête, ça se peut quasiment pas.
J’écoute
un peu la télé: ça doit sûrement m’aider. Je pense que je comprends
mieux aujourd’hui qu’il y a trois semaines… Quoi que le tour de France,
ça demeure une ride de bécique, qu’elle soit en français ou en
nespagnol… Mais mercredi, j’étais au bord du désespoir. Je pensais
bien que c’en était fini pour moi, l’apprentissage de lespagnol, que
j’étais rendue au bout de ce que je pouvais apprendre… J’avais pas
grand-chose de bon dans les exercices qu’on faisait alors qu’André et
Sybelle répondaient toujours sans lire la fin des exercices et avec les
bonnes réponses, en plusse! (remarquez que s’ils avaient répondu sans
lire le reste, mais avec des mauvaises réponses, j'aurais été super
contente… mais c’était pas le cas!) Des fois, je me dis que les cours
intensifs, ça a du bon : ça permet d’être dans le bain. Mais des fois,
je pense que, rendu où j’en suis, ça donne pas le temps d’assimiler, de
digérer, de prendre un peu de recul nécessaire à l’apprentissage (c’est
mes cours de mon bac en enseignement sur les théories de l’apprentissage
qui me font dire ça!). Pis on dirait que plus j’en rajoute, moins je
me rappelle des affaires de base. Genre que j’ai oublié, cette semaine,
la conjugaison du verbe
decir (dire)
au présent. Bon, okay, c’est un simmonac d’irrégulier à à peu près
tous les temps, mais quand même… ça fait longtemps que je sais ça, le
verbe
décir au présent, fusse-t-il irrégulier.
Mes
cours sont finis. J’ai salué tout le monde là-bas. J'ai les adresses
courriels de Natasha et de Lydia, si jamais il me prenait l'envie
d'aller faire un tour à Moscou ou à Londres. Londres, c'est sûrement
plus dans ma palette pour l'instant que Moscou... J'ai pas vraiment
participé aux activités proposées par l’école, sauf la soirée flamenco
jeudi passé. Mais c’était correct. Après mes 6 heures de cours, j’en
avais juste plein mon casque. Pis autant c’est le fonne de suivre des
cours en vacances (ça donne une autre couleur à un séjour), autant, là,
je suis comme tannée. Parce que c’est très demandant…