dimanche 8 août 2010

On ne change pas...

... ou presque.

Ce soir, souper avec Jacques, à Zurich.
Jacques?
Oui, Jacques.

On a estimé que la dernière fois qu'on s'était vus, c'était en 1988. Ça ne nous rajeunit pas.

Jacques?

Jacques était un ami... au primaire. On a fait partie d'un groupe expérimental qui a fait son primaire en 5 ans, au lieu de 6. En 4e année, on a fait la 4e et un bout de la 5e, et en 5e, on a fait le restant de 5e et toute la 6e. On était 12 dans ce groupe-là. On se faisait appeler "les accélérés", parce qu'on accélérait le processus, justement. Pour les ceuzes qui s'inquiètent de la réussite des garçons, je veux juste dire que sur les 12, il y avait 9 filles... Et là, je parle de quelque chose qui s'est déroulé entre 1974 et 1976. Il y avait Sylvain, Linda B, Linda L, Maryse, Nathalie, Jacques, Geneviève, Céline, Isabelle, Marjolaine, Richard et Julie... On s'est à peu près tous perdus de vue après le primaire. Quelques relations ont survécu au secondaire... Y'avait quand même ma cousine dans ce groupe-là!

Il y a quelques années, j'ai eu envie de savoir ce qu'il était devenu... Je lui ai donc écrit (vous me connaissez...). Envoi de la lettre à l'adresse de ses parents. Ça a pris 2 ou 3 ans pour qu'il me donne des nouvelles, notamment à cause d'un déménagement de San Francisco à Bâle, Suisse, où il habite maintenant. Depuis, quelques nouvelles ici et là, sporadiquement. Jusqu'à temps que je lui annonce que, billet d'avion oblige, je passerais la nuit à Zurich, en ce 8 août 2010 et que, si ça adonnait, ça serait le fun qu'on se revoit...

Ben c'est ça qu'on a fait!!!

On ne change pas tant que ça.

J'ai le souvenir de nos longues conversations d'enfant, aux coins des rues Sainte-Claire et Lebrun, le sac d'école entre les jambes. Ni lui ni moi n'avions envie d'aller à la maison et on préférait refaire le monde du haut de nos 10 ans. On suivait tous les deux des cours de piano (avec la même prof!) et on parlait de musique... On parlait de nos vies d'enfants, de sujets d'enfants, de réalisations d'enfants. Des atomes crochus, que ça s'appelle.

Ce soir, mise à jour. J'ai toujours eu en mémoire l'image d'un gars sain. Vingt ans plus tard, je confirme.

Tout ce qui manquait, ce soir, c'est le sac d'école entre les jambes.

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