mercredi 14 juillet 2010

Prostitutas

Troublant.

Sur une distance d'à peu près 5 kilomètres, sur la N332, entre Oliva et Dénia, il y a des orangeraies. On reconnait les arbres et le petit chemin de terre qui rentre dans la "forêt" d'orangers (ça ressemble à un pommier, comme grosseur d'arbre, mais un peu plus ramassé). Il doit y avoir à peu près une vingtaine de ces petits chemins de terre. Et à l'entrée de plusieurs d'entre eux, une prostituée qui attend le client. Parfois elle est assise sur une chaise, parfois elle est debout (c'est là qu'on voit le peu de vêtement qu'elle porte - j'ai vu une fille avec un string et un soutien-gorge). Parfois, la chaise est toute seule, indiquant que ladite fille est entre les orangers avec un client.

Je sais: la prostitution est le plus vieux métier du monde et il y en a partout, mais là, offertes comme ça, je suis troublée. Rien de moins qu'un étalage pas trop légal mais pas trop illégal non plus. Hier après-midi, à 16h, j'étais suivie par une voiture de la Guardia Civil, et les filles étaient là. Pas une ne s'est cachée à l'approche de la voiture des gendarmes.

Je n'ai pas l'intention de les prendre en photos pour vous les montrer.

mardi 13 juillet 2010

Dimanche à Toledo

Après de multiples rebondissements concernant mes différents titres de transport, j’ai finalement pris le train dimanche matin pour aller à Toledo : 30 minutes de tren de alta velocidad. À Toledo, une toute petite ride d’autobus pour aller sur la colline où est perchée la ville.

Coup de cœur.

Bazwell que c’est beau.

J’ai suivi les indications de mon guide Michelin : je me suis perdue dans les rues et ruelles. Y’a rien d’autres à faire. Super difficile de suivre un quelconque itinéraire. Bon, le guide Michelin en donne un, mais j’ai horreur de suivre des tracés faits pour les touristes, guide à la main, et regarder tout ce que les touristes regardent. Je me laisse plutôt porter par ce que je vois. Je comprends pourquoi la vieille ville est classée au patrimoine mondial de l’humanité. Mettons que c’est pas Laval…

Comme c’est dimanche, il y a passablement de choses de fermées. J’aurais voulu voir l’Alcazar, mais point de possibilité. Ça m’étonnera toujours, ça : c’est plein de touristes, mais la ville ferme les attractions touristiques majeures parce que c’est dimanche. Même affaire avec des restaurants : l’Europe est remplie de touristes tout l’été, mais certains restaurateurs prennent des vacances et ferment pendant un mois ! C’est comme rien, ils ne doivent pas avoir besoin d’argent… Connaissant (si peu) l’état des finances espagnoles, j’aurais comme ouvert des affaires, moi, si j’avais été le ouernement. Y’a sûrement quelque chose que je ne comprends pas…

Je me suis trainée dans Toledo de 10h30 à 14h30. C’était assez pour voir ce que je voulais voir, pour sentir ce que je voulais sentir, pour toucher ce que je voulais toucher. Deux jours? Le guide Michelin dit deux jours à Toledo? Pfff. Il ne faut jamais prendre le guide Michelin au pied de la lettre.

J’ai repris le train direction Madrid. J’ai récupéré mon sac à dos que j’avais laissé à la consigne de la gare de Madrid-Atocha et j’ai attendu… J’ai pris un autre train, Madrid-Valencia celui-là. Troizeurédmi. J’ai couru à la gare de Valencia pour acheter mon tiquette pour le Cercanias et j’ai fait un autre cinquante minutes de train entre Valencia et Xeraco. Je peux-tu vous dire que, j’ai beau aimer ça me promener en train, là, j’avais un peu mon voyage. Mais comme j’ai aimé mon excursion hors Comunidad Valenciana, ben ça allait. J’étais aussi super contente d’avoir décidé de visiter Toledo en ce dimanche. Parce que je pense que ça m’aurait fait chier un peu de faire deux heures d’avion, de payer deux nuits d’hôtel supplémentaires et de me charrier encore dans la région de Madrid pour ne voir que Toledo la fin de semaine prochaine. À la place, je vais pouvoir faire la grasse matinée samedi…

Bilan madridien

Je vais être claire dès le départ : la chaleur empêche de visiter. C’est difficile de trainer quelque carcasse que ce soit quand il fait 40 degrés. On a beau marcher plus lentement (c’est inévitable), boire beaucoup d’eau sans pisser, raser les murs qui sont un peu à l’ombre, reste que c’est épuisant. Alors, je suis rentrée à l’hôtel à tous les après-midis pour faire la sieste. Même une visite au musée du Prado ne m’a pas assez refroidie…

J’ai vu toutes sortes d’affaires, plus intéressantes les unes que les autres. C’est ça qui arrive quand on visite une ville qu’on connaissait pas : c’est souvent impressionnant. Remarquez qu’il y a des villes laides dans le monde, j’en ai vu quelques-unes. Mais une belle, ça rend les visites encore plus émouvantes. Parce que vous me connaissez: je suis tout à fait capable d’émotions.

J’ai créché sur la plaza Santa Ana, dans un hôtel tout à fait agréable, recommandé par Guillermo, mon échangiste. En plein cœur du vieux Madrid et près de tout… Ça fait touriste et je m’assume. Je m’assume tellement que j’ai fait les deux circuits d’autobus touristiques à deux étages, sur l’étage du haut (en plein soleil… mais il était 19h, c’était déjà un peu plus supportable, il faisait 35). Presque deux heures à me faire raconter Madrid par une voix espagnole avec un accent français. Tordant. J’ai donc vu les «deux» Madrid. Le vieux et le neuf. Le neuf est aussi impressionnant : on a moins tendance à aller voir des édifices récents parce que ça n’a pas d’histoire, mais ça peut être super beau, un édifice récent. Y’en a un, d’ailleurs, qui est penché (un peu comme la tour du stade à Mourial). Vraiment super fluide. Des lignes très harmonieuses. C’est quand même dans ce temps-là que je me sens madridaise : j’aime autant le neuf que le vieux, pour différentes raisons.

Je me suis promenée en métro, en ayant l’air d’une madridoise… c’est-à-dire en ayant l’air de connaître ça. J’ai dû bien jouer mon rôle parce qu’un couple m’a demandé son chemin… en anglais. Et j’ai pu les aider! C’est pas vraiment que j’ai l’air d’une espagnole, je pense.
J’ai visité le musée du Prado, espérant y trouver un peu de climatisation. Il y en avait, mais pas tant que ça. J’ai vu la vraie peinture que je montre aux étudiants quand je fais le roman Au bonheur des ogres de Pennac : Saturne dévorant un de ses enfants, de Francisco de Goya., J’aurais bien aimé être une vraie madrideuse et habiter le Palacio Real : c’est comme rien, le Roi, y pourrait bien me faire une place, il y a 1800 chambres dans son palais qui ne sont pas utilisées…

Ah oui : un moment étrange… Je vous le rappelle, il faisait à peu près 40. Et j’ai croisé une femme voilée de noir de la tête aux pieds. Y’a vraiment des choses qui m’échappent en ce bas monde.

lundi 12 juillet 2010

Je suis un joueur de foute

Oh là là...

Comment dire?

Soda.

Citron.

Viande.

Bazwell.

Boute de viarge.

Ah pis non: "Ah ben câââlisse!!!"


À Madrid, ces derniers jours, à peu près toutes les statues étaient habillées du drapeau de l'Espagne. Ça donnait un drôle de genre à Neptune, au milieu de la place Canovas del Castillo. Même affaire avec Cybèle, au milieu de sa place.
En ce dimanche fatidique, tout le monde portait un chandail rouge de l'Espagne ou de l'équipe nationale. Je me suis moi-même laissée prendre au jeu: j'ai aussi porté un chandail rouge, même s'il n'y avait rien dessus. Je me sentais espagnole dans l'âme. Hollandais? Quesséça?

J'étais dans le train, à l'approche de Valencia, quand la partie a commencé. Et comme j'ai dû courir pour faire ma connexion pour prendre mon Cercanias pour Xeraco, je ne me suis pas trop préoccupée du score. Mais vous dire qu'il n'y avait personne dans le train, Renfe (la compagnie de trains espagnole) voyageait sûrement à perte en ce dimanche soir...
À Xeraco, je prends mon char, direction Oliva. Mais j'ai pas la radio dans le char. De toute façon, j'aurais mis ça à quel poste?
Je sors de l'autoroute et au poste de péage, je me suis surpris à demander le pointage au pôôôvre gars obligé de travailler en ce soir de foute dans la cabine de péage. Évidemment, c'était zérozéro. Je me suis surprise à soupirer de soulagement, mais aussi d'inquiétude: le premier qui score va gagner, que je me suis dit. C'est pas une game de basquette, ça. Ça va pas finir 98-72. On s'enlignait pour le 1-0.
J'arrive à la maison. J'ai même pas défait ma valise et j'ai ouvert la télé. Ben oui. Je voulais tellement que l'Espagne gagne!!! Je les aimais, mes Rojas, même si je les connais pas pantoute. Pis là, question de me mettre sur les nerres, ils s'en vont en prolongation. J'ai décidé de défaire ma valise de Madrid parce que j'étais trop énarvée. Ben voyons donc, c'est une game de l'Espagne contre la Hollande... C'est pas le Canadien contre les Nordiques... L'ambiance du pays depuis mercredi passé, depuis que l'équipe est en finale, c'est quelque chose de féérique. Les gens ne parlaient que de ça. Ça ouvrait tous les bulletins de nouvelles, c'était dans tous les journaux... Untel est allé pisser. L'autre a mangé du poulet. Son ancienne femme s'est fait teindre les cheveux. Son grand-père a des troubles de prostate. Son chien, mort il y a 4 ans, s'est déjà cassé une dent en grugeant un nosse.

Et là...

Gooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooolllllllllllllllll !!!!!!

(Ça, c'est le cri du descripteur du match à Telecinco. On est à des années lumières de René Lecavalier et de son scientifique "et c'est le but". Ici, même les descripteurs crient leur joie à la télé... On parle d'émotions, ici.)

Je me suis ramassée sur mon balcon pour écouter Oliva crier à pleins poumons. J'étais vraiment contente.
Bon, j'ai pas trop compris pourquoi, en prolongation, quand une équipe compte, on continue à jouer pendant je-ne-sais-pas-trop combien de minutes, mais un moment donné, l'arbitre a décidé que c'était assez (j'imagine qu'il y a une règle...). Pis là, fiesta!!!!

Dans mon village, des feux d'artifices, des klaxons, des cris, des chants... Pis dans les villages d'à côté, même affaire. Je pouvais voir les feux d'artifices des autres villages étant donné qu'on est dans une baie de la Méditerranée. Tout le monde convergeait vers le centre de mon village pour aller fêter. J'ai presque voulu y aller, mais la chienne m'a pris. Je suis un peu claustrophobe, vous savez. Je suis donc restée sur mon balcon a écouter la foule en liesse et à regarder distraitement la télé alors qu'on remettait les médailles et le trophée. Fait dur, d'ailleurs, le trophée. Une tite affaire de rien... Rien à voir avec la grosse coupe Stanley que tous les joueurs embrassent. Non, on parle d'un ti-trophée d'à peu près un pied de haut... Les images de la télé parvenait de tous les coins de l'Espagne, notamment de Madrid où, quelques heures avant, on sentait la fébrilité. Le Neptune et la Cybèle (qui sont à 500 mètres de distance, séparés par un immense boulevard à 6 voies) étaient envahis de monde. Partout, partout. Comme j'avais ces places-là fraichement dans ma tête, je pouvais voir l'étendue du monde... Féérique, je vous dis.

Les klaxons se sont poursuivis jusque tard dans la nuit et la fête aussi, je suppose. Ça me faisait penser en 1993, quand le Canadien a gagné sa coupe Stanley. J'étais revenue de France pour quelques jours et c'est pendant ce temps-là que le Canadien avait décidé de gagner la coupe. J'avais la voiture de mon père ce soir-là et j'étais allée souper avec Michel, un ancien beau-frère. Pis en sortant de chez lui, on entendait des klaxons à la grandeur de la ville de Montréal. Je n'avais pas pu résister à appuyer sur le criard moi aussi, participant à la liesse populaire.

En ce soir espagnol, si j'avais été en voiture, j'aurais klaxonné moi aussi.

dimanche 11 juillet 2010

Changer d'idée

Avant de partir de Montréal, j’avais regardé les possibilités qui s’offraient à moi pour aller faire un tour à Toledo. C’est à 30 minutes de train de Madrid, et je me demandais bien comment faire pour y retourner pendant la fin de semaine prochaine. J’avais comme pas vraiment envie de me taper un autre 10 heures de train pour aller passer une journée, fusse-t-elle à Toledo, ville cotée huissenzétoiles dans mon guide Michelin et membre du patrimoine mondial de l’humanité… L’avion? Le train, malgré tout? Le char?

J’ai quand même eu l’air d’une fille qui savait pas trop se décider…

Vendredi 9, 11h30, sur la calle Mayor
Ça serait gnaiseux de revenir ici la semaine prochaine alors que je suis là. Autant en profiter. Mais je quitte Madrid dimanche matin, avant la messe…

Vendredi 9, 20h30, ma chambre d'hôtel

Je tente de réserver des billets d'avion sur Spanair par Internet pour faire Alicante-Madrid. Là, pour des raisons qui m'échappent totalement, y'a rien qui marche. Tiens, je vais aller voir le site de Iberia, l'autre compagnie espagnole. Je réussis à réserver un vol aller vendredi soir et un retour dimanche matin. Mais je ne reçois rien sur mon courriel pour confirmer. Étrange.

Vendredi 9, 22h, sur la plaza Santa Ana

Tiens, au lieu de revenir ici pour la fin de semaine prochaine, je me suis dit que je pouvais repousser mon départ de Madrid pour Valencia en début de soirée, en ce dimanche. Comme ça, je pourrais aller passer la journée à Toledo. Ouan, c’est ça que je vas faire. Je vais aller à la gare demain.

Samedi 10, 10h, aéroport de Madrid-Barajas
Ne recevant toujours rien sur mon courriel, je décide d'aller à la source: directement chez Iberia à l'aéroport. J'ai fait une jolie promenade de métro climatisé. Parce que, comme à Montréal, le métro est climatisé et l'aéroport, à 13 km, est accessible en métro... Là-bas, je n'existe pas sur les listes de Iberia. Tant mieux. Ça ne me tentait plus d'exister. Autant allonger cette fin de semaine-ci...

Samedi 10, 14h, Gare de Madrid-Atocha.
J’ai donc décidé de changer mon billet de retour de dimanche matin, 9h, Madrid-Valencia pour dimanche soir, 19h Achat dudit billet. Parce que, verrat de bâtard, j’ai oublié mon billet dans ma chambre d’hôtel, je ne peux donc pas l’échanger… (je pourrai toujours me le faire rembourser…)
Achat aussi des billets Madrid-Toledo. Départ à 10h20 et retour à 18h.

Samedi 10, 15h18, quelque part dans Madrid.
Un flash. J’ai un autre train à prendre, moi, en arrivant à Valencia. J’ai comme oublié que la ride Madrid-Valencia dure 3h30 et que mon nouveau train va m’amener à Valencia à 22h30 pis que mon dernier train Cercania pour Xeraco (à 20 minutes de chez nous, où j’ai parqué mon char) part de Valencia à 22h41. Misère. J’arriverai jamais à faire la connexion (j’ai pas mon tiquette de Cercania – ça s’achète pas d’avance ça, vous en parlerez à Richard – et je sais pas c’est sur quel quai et j’ai juste remarqué que la gare de Valencia est assez grande même si elle risque d’être déserte pour cause de match de foute dimanche soir).. Pis ça me tente pas de payer un taxi pendant une heure si je l’ai effectivement manquée. Verrat de bâtard, je vais devoir retourner à la gare pour changer mon retour de Toledo et mon retour Madrid-Valencia pour faire ça une heure plus de bonne heure. Je vais quand même faire ça demain matin, avant de partir pour Toledo.

Dimanche 11, 9h03, gare de Madrid-Atocha
Pour la 3e fois, je change mon billet de retour Madrid-Valencia. Départ à 17h (et donc, arrivée à Valencia à 20h30 – j’aurai pas plus le temps de faire la connexion, mais au moins, il y a un autre Cercania à 21h30) au lieu de 19h. J’ai pu l’échanger contre celui que j’avais acheté hier. Pis l’autre ? Vous vous inquiétez de celui que j’avais déjà (et oublié dans ma chambre) ? Ben quin… Comme le train en question était déjà parti (depuis 3 minutes…. les trois minutes que j’ai attendues parce qu’y’avait un vieux monsieur qui comprenait rien devant moi), ben j’ai pas pu me faire rembourser ! J’ai considéré ça comme un don au système ferroviaire de l’Espagne.
J’ai aussi changé mon billet de retour de Toledo… parce que partant plus tôt pour Valencia, fallait impérativement que je revienne plus tôt de Toledo…

Eh misère.

Et dire que je ne suis même pas à la veille de quelque chose…

vendredi 9 juillet 2010

Considérations culinaires

Ça fait presque une semaine que je suis là et je suis, comme qu'on dirait, retombée dans mes vieilles savates. Pour certaines choses, je suis faite pour vivre en Neurope.

À la maison, je me suis gavée de langoustines, d'avocats, de gaspacho (achetée au mégasin, mais ben bonne pareil), de yogourt grec, de jambon iberico (c'est le meilleur... y savent faire, du moins le jambon, les Zespagnols). Je sais, je pourrais manger tout ça à Mourial, mais c'est bien meilleur quand c'est ailleurs, non?

Là, ça fait deux jours que je suis à Madrid (je suis encore là demain, samedi - je quitte dimanche matin, avant la messe). Je dois me rabattre sur le restaurant, puisque c'est la vie d'hôtel, ça. Déjeuner on ne peut plus ordinaire. Mais je m'en fous, je ne déjeune à peu près pas chez moi: vous le savez, je ne suis tellement pas une fille du matin (que Effe se le tienne pour dit...). Ici, il y a du jus d'oranges frais, frais, frais. Avec des oranges de Valence, tiens. On ne peut pas plus local.

Ce midi, je suis entrée dans un resto qui ferait pââââmer mon Chitalien d'envie. Ça s'appelait "El museo del jamòn" (s'cusez, chus pas capable de mettre un accent aigu sur le o). Traduction: le musée du jambon. Dans ce resto, toutes les sortes de jambons, crus, fumés, incendiés, taponnés, aimés... accrochés au plafond, sur les murs... (vous voyez ben?) On peut manger là, debout au comptoir (génial!) ou dans la salle à manger. On peut aussi se faire trancher du jambon et le manger en marchant, sur le trottoir... Genre de resto où le Chitalien viendrait fou comme un diabétique qui rentre dans un magasin de bonbons, comme un alcoolique à la SAQ, comme un voleur dans une banque... J'avoue avoir passé proche de la crise d'apoplexie moi-même. Alors, je vais sûrement y retourner demain avant de quitter la capitale espagnole.

Pour souper, c'est tout aussi exotique (en autant qu'on puisse être exotique en Nespagne). Disons que ça commence par un tinto de verano: un verre de vin rouge mélangé avec quelque chose de différent selon le bar: jus de fruit, sèvènoppe, peut-être une épice ou deux... Mais ce n'est pas trop fort. Après deux, je marche encore ben drette et, pour reprendre l'expression consacrée, "je prendrais mon char". Hier, j'ai mangé de la viande. Cuite sur une plaque en fonte hyper chaude drette là, sur ma table (fêsait pas chaud, d'abord, pour avoir c't'affaire-là qui chauffait sur ma table, ben non...). Viande marinée tranchée en tites tranches genre magret de canard. Avec des patatas bravas qui ne valaient toujours pas les ceuzes mangées à Barcelone avec Richard et dont nous gardons un souvenir impérissable. Ce soir, crevettes à l'ail (noyées, les pôôvres) et calamares fritos. J'en ai pris quelques-uns à la santé de Marie-Ève. Parce que j'ai des amis un peu étranges Y'a ben des amis qui m'ont dit: "Tu prendras un verre à ma santé, là-bas", tâche dont je m'acquitte fort bien. Pis là, Marie-Ève me dit: "Tu mangeras quelques calamars à ma santé." Quoi??? Tu veux que je mange des calamars à ta santé??? OK d'abord... Alors, Marie-Ève, considère que c'est fait. J'espère que ta santé va bien...

Mais y'a une chose à laquelle je ne m'habitue pas, en Nespagne: l'heure du souper. Rien ne commence avant 20h. Ça va. Mais régulièrement, les gens commencent à manger à 21h, 22h, voire 23h. Je sais pas comment ils font. Je pense qu'ils ont un estomac en stainless. Parce que moi, je ne suis pas capable. Une fois de temps en temps, ça va. Mais tous les soirs??? En tous cas, hier soir, j'étais dans ma chambre autour de minuit, laquelle chambre donne sur la (magnifique) plaza Santa Ana, et j'entendais les fourchettes se faire aller dans les assiettes. Manger à cette heure-là, c'est les brûlements d'estomac qui me guettent.

jeudi 8 juillet 2010

Dans la capitale

Deux rides de train aujourd'hui: un petit Cercanias, entre Xeraco et Valencia, et un gros Alanis, entre Valencia et Madrid. C'est quand même 3h30 entre les deux villes, en attendant le train de alta velocidad qui devrait arriver quelque part avant la fin de l'année. Vous dire l'état des travaux en avant de la gare de Madrid-Atocha... Mmmm... pas sûre que ça va être prêt pour Nouwel, ça. Ça dépend juste si le premier ministre fait une commission d'enquête sur l'état de la construction... (ah non, ça, c'est au Québec...)

Mes premières heures à Madrid m'enchantent. Je sais pas si c'est beau le jour, mais le soir, c'est se-pe-len-di-de. Malgré la chaleur. Parce que fait chaud en viande. Mais je suis toujours ben pas pour me plaindre la chaleur. Si je voulais pas avoir chaud, j'aurais dû aller en Irlande. Mais je savais qu'il faisait chaud en Nespagne, l'été. J'ai une certaine expérience, mettons. C'est juste que tant que chaleur, c'est un peu ésotérique. Ça a l'air que vous l'avez roffe, vous autres aussi?

Demain, vendredi, première journée de touriste. Autour d'Oliva, je ne suis pas une touriste: j'arpente ma région d'adoption. Alors qu'à Madrid, je suis une touriste. Je m'assume.